Lorsque je dis à un Congolais dénudé au milieu de la forêt vierge que la terre n'est qu'un seul pays, il acquiesce sans hésitation. Il saisit tout de suite cette notion : nous sommes tous frères et il ne peut y avoir qu'une seule terre. Mais le Congolais ne prétend pas tout savoir, lui, il n'est pas cultivé, civilisé. Là est la différence. L'intellectualisme ne lui a pas desséché le coeur.


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C'est drôle tout de même comme sont les choses. Si un homme a un peu de terre, cette terre est à lui, elle fait partie de lui, elle est pareille à lui. S'il a juste assez de terre pour pouvoir s'y promener, pour pouvoir s'en occuper et être triste quand ça ne rend pas, et se réjouir quand la pluie se met à tomber dessus, cette terre c'est lui-même et dans un sens il en est grandi parce qu'il en est le propriétaire.Tout secret est un miracle. Il n'y a pas, écrit Aragon, de vin plus soûl que le secret. Il n'y a pas plus grand'merveille qu'à savoir sans partage. Peut-être le monde entier n'est-il qu'un grand secret. Et quand il n'y aura plus personne pour se souvenir de nous, tout ce que nous aurons fait et pensé sur cette Terre sera un secret englouti.La vie des hommes est tout entière douloureuse, et il n’est pas de trêve à leurs souffrances. Mais s’il est quelque chose de plus précieux que cette vie, une nuée obscure l’enveloppe et le cache à nos yeux, et nous nous sommes follement épris de cette vie qui brille sur la terre, parce que nous n’en connaissons pas d’autre, que nous ne savons pas ce qui se passe aux enfers, et que nous sommes abusés par des fables.Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l’avons oublié.Tant que le Seigneur nous garde en ce monde cela signifie qu’il y a une raison. Et puis, nous ne sommes pas sur cette terre pour être heureux, mais pour une raison connue de Dieu seul. Il faut vivre, c’est tout, et prendre ce qui vient. Se braquer sur le bonheur est signe d’orgueil et d’ingratitude.Il ne suffit pas d'être en vie, il faut êtrevivant . C'est à dire savoir à chaque instant qu'on est au coeur d'un prodige et être en contact, en harmonie avec lui. C'est difficile, mais lorsqu'on parvient à en prendre conscience, on en reçoit un perpétuel émerveillement qui paie au centuple des effors que l'on a consentis. .. Le plus souvent, nous voyons, mais nous ne regardons pas, nous entendons, mais nous n'écoutons pas. Les choses nous bousculent au lieu que nous portions la main sur elles. Nous devrions en disposer pour notre bonheur, et ce sont elles qui nous possèdent pour notre angoisse. Pourtant chacun de nous est au centre de tout, au milieu de l'univers entier. Chacun de nous possède les portes que le créateur (ou la nature, comme l'on voudra) lui a données pour y pénétrer. Mais nous oublions de les ouvrir. Pour ma part, je suis sans arrêt ébloui par le phénomène de la vie.